Saviez-vous que...

Le nom clavardage est un mot‑valise?

Une touche techno

C’est bien connu : la situation géolinguistique du Québec est particulière et… périlleuse. À l’est, à l’ouest et au sud du territoire, l’anglais est roi. Pour continuer à vivre en français, dans un monde qui évolue de plus en plus vite, surtout sur le plan technologique, les francophones d’Amérique du Nord rivalisent d’ingéniosité pour s’adapter et faire en sorte que la langue suive ce mouvement.

Ce défi de taille a cela de beau qu’il stimule la créativité lexicale, donnant naissance à de nombreux mots nouveaux, que les spécialistes appellent néologismes.

Composer au clavier

Le nom clavardage représente un bel exemple d’innovation linguistique. Créé en 1997 par l’Office de la langue française, ce néologisme, destiné à remplacer l’anglicisme chat, résulte de la fusion de clavier et de bavardage. Le résultat qui découle de ce procédé de formation se nomme mot‑valise.

Le clavardage, c’est une « conversation écrite en temps réel, entre deux internautes ou plus, par clavier et écran interposés ». De ce même élan créatif sont nés le verbe clavarder (pour concurrencer l’anglais chatter, adaptation de to chat) et les noms clavardeur et clavardeuse.

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Illustration : Paradoxx Multimédia

Virtuosité lexicale

Surtout employés au Québec et dans le reste du Canada francophone, ces mots sont aussi attestés dans divers pays de la francophonie. On les trouve également dans les dictionnaires français, où ils sont considérés, selon le cas, comme des québécismes ou des canadianismes.

Clavardage et ses dérivés ne sont pas passés inaperçus aux yeux spécialistes de la langue française et autres francophiles, comme l’illustre cet exemple : L’œil pétillant, [Bernard] Pivot parle de ces heureux néologismes qui s’unissent pour le mieux à ces mots à sauver, « vous inventez au Québec des mots dont je suis jaloux, clavardage, c’est extraordinaire, les Français eux continuent de chatter! » (2004, S. Barangé, Le Devoir, Montréal, 4 mai, p. A1).

Nous pouvons éprouver une grande fierté à la constatation que ces nouveaux mots, forgés ici, suscitent ferveur et enthousiasme, comme quoi la contrainte et la nécessité peuvent constituer un puissant moteur de créativité!