Saviez-vous que...

Les dépanneurs dépannent le Québec depuis les années 1970?

Jamais en panne

Par un froid matin de janvier, il peut arriver que votre voiture soit en panne et que vous deviez appeler un dépanneur, qui viendra avec sa dépanneuse la remorquer ou la faire démarrer. Ce dépannage vous permettra de prendre la route. En France, les mots dépanneur et dépanneuse sont bien connus dans ce sens.

Or, il n’y a pas qu’un mécanicien qui puisse vous tirer d’embarras. D’autres types de dépanneurs, bien connus au Québec, vous permettent de vous sortir de diverses situations embarrassantes. Par exemple, vous pourriez avoir un besoin urgent de pain, de lait, d’œufs, de monnaie, de piles, d’un chargeur pour votre téléphone, d’une boisson rafraîchissante, de mouchoirs ou de lacets…

Juste au coin de la rue

Le mot dépanneur peut désigner, par exemple, une personne qui tient une petite épicerie de proximité offrant des produits d’alimentation et de consommation courante. Par métonymie, dépanneur est aussi employé pour nommer ce commerce.

C’est si pratique, un dépanneur au coin de la rue où vous procurer, à la dernière minute, des pépites de chocolat à ajouter dans la préparation de vos muffins, pour les enfourner, vite, avant l’arrivée de la marmaille!

Le dépanneur, c’est aussi un lieu de prédilection pour socialiser avec les gens de votre quartier, et même, avec un peu de chance, pour rencontrer le grand amour, comme l’évoque la chanson Julie, du groupe Les Colocs (Les Colocs, 1993) : Je l’ai rencontrée au dépanneur / Elle s’achetait une grosse liqueur

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Un dépanneur à Montréal | Image : Trésor de la langue française au Québec

Un p’tit gratteux avec ça?

Au Québec, entre les années 1970 et 1990, ces dépanneurs ont fleuri un peu partout parce qu’ils pouvaient ouvrir en dehors des heures et des jours autorisés pour les autres commerces, dont les grandes épiceries et les supermarchés.

Depuis, les dépanneurs se sont diversifiés pour élargir leur offre de produits et services. On trouve maintenant beaucoup plus de choses dans un dépanneur, car il existe des stations-services-dépanneurs, des restaurants-dépanneurs et des tabagies-dépanneurs. 

Et le vin qu’on y vend n’est plus exclusivement ce qu’on a appelé vin de dépanneur, soit une sélection limitée de vins de moindre qualité. C’était la seule que les dépanneurs étaient autrefois autorisés à offrir, à l’époque où la Société des alcools du Québec (SAQ) se réservait la vente d’une vaste gamme de vins, dont les meilleurs crus.

Pas de panique!

En France comme au Québec, le verbe dépanner, dont est dérivé le nom dépanneur, a aussi le sens figuré d’« aider quelqu’un dans une situation difficile et passagère », entre autres en prêtant de l’argent ou en rendant service, par exemple : Peux-tu me dépanner jusqu’à ma prochaine paie? ou encore La garderie est fermée aujourd’hui, mais la voisine nous a dépannés en gardant les enfants.

C’est en lien avec ce sens de dépanner que les gestionnaires de soins de santé au Québec emploient l’adjectif dépanneur dans l’appellation de certains professionnels de la santé engagés temporairement pour pallier une pénurie de main-dœuvre et éviter des bris de services, par exemple médecins(-)dépanneurs et pharmaciens(-)dépanneurs. Bref, les dépanneurs, quels qu’ils soient, on ne veut pas s’en passer!

 

Pour en découvrir davantage sur le nom dépanneur, consultez les fiches de la Base de données lexicographiques du Québec (BDLP-Québec).